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Voir la version complète : Anthologie de la poésie française du XXe siècle


StanleyWhite
06/12/2007, 22h22
Et oui, il n'est jamais trop tard pour se pencher sur le cas de poètes qui jusqu'ici m'avaient laissé indifférents ou carrément que j'avais eu l'outrecuidance d'ignorer :

Pour l'instant, je reconnais mes torts sur un seul cas : Aragon , il y a des choses admirables dans le recueil Le mouvement perpétuel

des retrouvailles aussi de Michaux dont je connais mieux les dessins que les écrits.

Ce soir, je m'attaque à Saint John Perse, wish me good luck :D

Vladimir
07/12/2007, 16h04
La poésie de Saint John Perse est très moderne avec un rythme et une musique qui émeut,
Il a été longtemps considéré comme un poète pour l’élite avec une langue difficile et beaucoup d’afféterie... Moi ses vers me touchent et me font voyager vers des terres seulement hantés dans mes rêves les plus secrets...L’homme était diplomate moi j’aime son oeuvre poétique dans laquelle je te recommande son recueil Vents

Chanson

"Mon cheval arrêté sous l'arbre plein de tourterelles, je siffle un sifflement si pur, qu'il n'est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves. Feuilles vivantes au matin sont à l'image de la gloire)...
Et ce n'est point qu'un homme ne soit triste, mais se levant avant le jour et se tenant avec prudence dans le commerce d'un vieil arbre,
appuyé du menton à la dernière étoile,
il voit au fond du ciel de grandes choses pures qui tournent au plaisir.
Mon cheval arrêté sous l'arbre qui roucoule, je siffle un sifflement plus pur...
Et paix à ceux qui vont mourir, qui n'ont point vu ce jour.
Mais de mon frère le poète, on a eu des nouvelles. Il a écrit encore une chose très douce. Et quelques-uns en eurent connaissance. "

Pour les poètes français je te recommande la réedition du recueil de Pierre Seghers "Poètes maudits d'aujourd'hui 1946-1970"...

StanleyWhite
07/12/2007, 16h54
désolé Vald, pour l'instant je suis plus intrigué qu'autre chose.

Par contre, je viens de trouver une étrange correspondance entre Aragon et Miossec ! Je développe ce soir

Vladimir
07/12/2007, 17h19
IL n'a pas lieu d'être désolé...:D

Par contre, je viens de trouver une étrange correspondance entre Aragon et Miossec ! Je développe ce soir
Oui l'un a écrit "la fidélité" et l'autre a toujours été fidèle à son idéal...
l'un a écrit pour l'Humanité l'autre à l'Humanité...:whistling:

L'un a séduit la femme d'un ami l'autre ...
L'un a assumé son homosexualité vers la fin de sa vie l'autre je ne sais pas...:D

Moi je ->;)

StanleyWhite
07/12/2007, 17h28
IL n'a pas lieu d'être désolé...:D


Oui l'un a écrit "la fidélité" et l'autre a toujours été fidèle à son idéal...
l'un a écrit pour l'Humanité l'autre à l'Humanité...:whistling:

L'un a séduit la femme d'un ami l'autre ...
L'un a assumé son homosexualité vers la fin de sa vie l'autre je ne sais pas...:D

Moi je ->;)

mais reviens !!!!

StanleyWhite
07/12/2007, 23h14
alors on y va

Aragon vs Miossec !! Le combat du siècle

vas y Louis :

"Tous deux crachons tous deux
Sur ce que nous avons aimé
Sur ce que nous avons aimé tous deux
Si tu veux car ceci tous deux
Est bien un air de valse et j'imagine
Ce qui passe entre nous de sombre et d'inégalable
Comme un dialogue de miroirs abandonnés ..."

vas y Cri cri

"Crachons veux-tu bien
Sur mon plaisir, sur tes caresses
Crachons veux-tu bien
Et si jamais je m'en sors, mais ça m'étonnerait bien
Je vomirai tous mes torts entre tes deux seins
Je ne serai plus ce porc qui cogne entre ses deux mains
Que t'as balancé par dessus bord comme on se lave les mains
Je trouverai un boulot au port ou n'importe où ça ne fait rien
Dire que j'étais si fort, comment j'en suis là j'en sais rien ..."

Troublant non ?

EyeImagine
07/12/2007, 23h23
Tout à fait intéressant ce topic.
La poésie étant une inconnue pour moi alors que j'aimerais qu'elle soit mienne…
C'est tout le drame de la séduction, mieux vaut ne rien semer.

RUBBER BAND
07/12/2007, 23h30
alors on y va

Aragon vs Miossec !! Le combat du siècle

vas y Louis :

"Tous deux crachons tous deux
Sur ce que nous avons aimé
Sur ce que nous avons aimé tous deux
Si tu veux car ceci tous deux
Est bien un air de valse et j'imagine
Ce qui passe entre nous de sombre et d'inégalable
Comme un dialogue de miroirs abandonnés ..."

vas y Cri cri

"Crachons veux-tu bien
Sur mon plaisir, sur tes caresses
Crachons veux-tu bien
Et si jamais je m'en sors, mais ça m'étonnerait bien
Je vomirai tous mes torts entre tes deux seins
Je ne serai plus ce porc qui cogne entre ses deux mains
Que t'as balancé par dessus bord comme on se lave les mains
Je trouverai un boulot au port ou n'importe où ça ne fait rien
Dire que j'étais si fort, comment j'en suis là j'en sais rien ..."

Troublant non ?

Effectivement. J'ai pour ma part un petit bouquin qui m'accompagne souvent "Les cent plus beaux poèmes de la langue française-Anthologie de Jean Orizet".
Du Moyen-Age au XXème siècle. Des poèmes condamnés à vivre.

StanleyWhite
07/12/2007, 23h30
Tout à fait intéressant ce topic.
La poésie étant une inconnue pour moi alors que j'aimerais qu'elle soit mienne…
C'est tout le drame de la séduction, mieux vaut ne rien semer.

une anthologie, c'est bien pour débrouissailler ou pour se souvenir.

Par exemple, je ne me souvenais pas à quel point je n'aimais aps les poèmes de André Breton, que ceux de Saint John Perse étaient du chinois pour moi et à quel point Benjamin Péret était le meilleur poète surréaliste.

StanleyWhite
07/12/2007, 23h33
la poésie est nécessaire.

EyeImagine
07/12/2007, 23h37
Je dois avouer qu'elle me fascine. Les Haikus en particulier.

EyeImagine
08/12/2007, 00h30
Il n'empêche que je n'ai toujours pas lu ceux de Jim Morrisson.

" Il nous faut de grandes copulations dorées "
… ne peut qu'inciter à la lecture d'une telle œuvre… :D

EyeImagine
08/12/2007, 03h18
Toujours dans ce registre nihiliste que j'affectionne :

" Les pères ricanent dans les arbres de la forêt
Notre mère est morte dans la mer "

Vladimir
08/12/2007, 09h48
Je dois avouer qu'elle me fascine. Les Haikus en particulier.

Cherches le feu loin
au pays des morts où crie
le dernier oiseau

Presque l'aube
Des étoiles dans le puits
Un oiseau, un envol...

Soirs de transe
Epris d'un vol je meurs
La main serre le jour ...;)

Pour revenir à la poésie j'avais écrit il y a fort longtemps pour une des revues de poésie qui m'ont publié...

"La poésie comme un cri pour déchirer ce silence qui nous étouffe dans le jardin des muses sous l'oeil bienveillant de Sélénè pleine de joie.Ouvrez vous aux paroles.
Ramassez ces cailloux qui vous indiqueront un jour le chemin de retour . Ouvrez les portes à la joie.
Je suis épris de la poésie comme de la nuit constellée. J'aimerais pouvoir écrire d'une autre plume teintée d'ocre,ou de n'importe quelle couleur pourvu que je fasse rejaillir de moi les mots qui guetterons le mystère, qui m'aideront à rejoindre mes amis disparus, ces mots d'amour qui ne seront jamais des mots courants. Je voudrais tant avoir la magnificence du beau poème qui touche l'âme.Parlez en autour de vous, que la poésie devienne brise, que les mots se muent en sensations énivrantes, en vertiges de couleurs, en nuits sans émois... "
C'est très personnel la poèsie , remarquez on peut aussi vivre sans ...Vivre ?
heu...:D

lena
08/12/2007, 10h55
"Fleurs des poètes et prosateurs français".. édité en 1900, petit livre aux feuilles jaunies relié de cuir, dédicacé par un admirateur de Chicago à Albertine, institutrice....en 1908.. mon esprit vagabonde...
à l'intérieur, un poème, une citation pour chaque jour de l'année :
aujourd'hui 8 décembre :
"je sais que sur les voeux on n'a point de puissance
que l'amour veut, partout, naitre sans dépendance
que jamais par la force on n'entre dans un coeur
et que toute âme est libre à nommer son vainqueur"
Molière

StanleyWhite
08/12/2007, 12h59
comme toujours Saint john Perse m'échappe ... ah la la !

Et pareil pour René Char, que hermétisme mes aïeux !!!

Vladimir
08/12/2007, 13h51
comme toujours Saint john Perse m'échappe ... ah la la !

Et pareil pour René Char, que hermétisme mes aïeux !!!

Pour Saint John Perse c'est compréhensible parfois il faut le lire avec un dico à portée des mains...:D
Il a eu le prix Nobel tout de même...- j'ai entendu un " - et alors ?:whistling:
Non rien ...
En revanche René Char " Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore."

ou "Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir"

Ne me demandez que est que il a bien voulu dire ...:whistling:

T'accroches pas c'est tout tu trouveras bien un poète qui saura t'émouvoir
Apollinaire ? Artaud ? Rimbaud ? Neruda ? Crevel ? Miguel Hernandez, Lorca ?
Eluard ?...

StanleyWhite
09/12/2007, 01h11
Pour Saint John Perse c'est compréhensible parfois il faut le lire avec un dico à portée des mains...:D
Il a eu le prix Nobel tout de même...- j'ai entendu un " - et alors ?:whistling:
Non rien ...
En revanche René Char " Ne te courbe que pour aimer. Si tu meurs, tu aimes encore."

ou "Le poème est l'amour réalisé du désir demeuré désir"

Ne me demandez que est que il a bien voulu dire ...:whistling:

T'accroches pas c'est tout tu trouveras bien un poète qui saura t'émouvoir
Apollinaire ? Artaud ? Rimbaud ? Neruda ? Crevel ? Miguel Hernandez, Lorca ?
Eluard ?...

je ne suis pas spécialement un ignare en poésie Vlad, j'ai mes préférences, cette anthologie c'est l'occasion de laisser une seconde chance à des gens qui m'étaient rester étrangers.

Sinon, je n'aime pas Hernandez que tu cites, trop laborieux à mon goût :D Je n'aime pas non plus spécialement le Lorca du romancero gitano (sauf Thamar y amnon), je préfère celui de Poeta en Nueva York, Rimbaud c'est du chinois pour moi, Crevel j'aime bien son bouquin sur Dali, je ne connais pas ses poèmes, Eluard apolitique j'adore (La vie immédiate et la Capitale de la douleur) et Neruda, je ne connecte pas mais je trouve ça intéressant, à vrai dire, j'aime ce "esta noche puedo escribir los versos mas tristes"

StanleyWhite
11/12/2007, 13h25
découverte de Pierre Réverdy. Froid et pourtant sensible

"La Saveur du réel
Il marchait sur un pied sans savoir où il poserait l’autre. Au tournant de la rue le vent balayait la poussière et sa bouche avide engouffrait tout l’espace.
Il se mit à courir espérant s’envoler d’un moment à l’autre, mais au bord du ruisseau les pavés étaient humides et ses bras battant l’air n’ont pu le retenir. Dans sa chute il comprit qu’il était plus lourd que son rêve et il aima, depuis, le poids qui l’avait fait tomber."
— Reverdy. La Saveur du réel, 1916 © Gallimard

Vladimir
11/12/2007, 20h43
Pierre Reverdy poète sensible et très religieux ...

outre mesure
Le monde est ma prison
Si je suis loin de ce que j'aime
Vous n'êtes pas trop loin barreaux de l'horizon
L'amour la liberté dans le ciel trop vide
Sur la terre gercée de douleurs
Un visage éclaire et réchauffe les choses dures
Qui faisaient partie de la mort
A partir de cette figure
De ces gestes de cette voix
Ce n'est que moi-même qui parle
Mon coeur qui résonne et qui bat
Un écran de feu abat-jour tendre
Entre les murs familiers de la nuit
Cercle enchanté des fausses solitudes
Faisceaux de reflets lumineux
Regrets
Tous ces débris du temps crépitent au foyer
Encore un plan qui se déchire
Un acte qui manque à l'appel
Il reste peu de chose à prendre
Dans un homme qui va mourir
***************************

La poésie est écrite dans l'étonnement d'un regard , je peux lire chaque vers au fond de ses yeux qui changent ..., Tout change sauf ma mélancolie dont les échos se retrouvent dans ses chuchotements, mon amour s'embellit dans le silence des terrasses, et sur sa peau les traces d'un autre , les ombres d'un autre se moquent de ma tristesse ...Ainsi va la vie , l'un s'efface l'autre apparaît...Et Bowie dans tout ça ? et ben, Il va bien merci...:whistling:

StanleyWhite
16/12/2007, 00h22
Le don de soi-même
Valery Larbaud

Je m'offre à chacun comme sa récompense ;
Je vous la donne même avant que vous l'ayez méritée.

Il y a quelque chose en moi,
Au fond de moi, au centre de moi,
Quelque chose d'infiniment aride
Comme le sommet des plus abruptes montagnes ;
Quelque chose de comparable au point mort de la rétine,

Et sans écho,
Et qui pourtant voit et entend ;
Un être ayant une vie propre, et qui, cependant,
Vit toute ma vie, et écoute, impassible,
Tous les bavardages de ma conscience.

Un être fait de néant, si c'est possible,
Insensible à mes souffrances physiques,
Qui ne pleure pas quand je pleure,
Qui ne rit pas quand je ris,
Qui ne rougit pas quand je commets une action honteuse,
Et qui ne gémit pas quand mon coeur est blessé ;
Qui se tient immobile et ne donne pas de conseils,
Mais semble dire éternellement :
"Je suis là, indifférent à tout".

C'est peut-être du vide comme est le vide,
Mais si grand que le Bien et le Mal ensemble
Ne le remplissent pas.
La haine y meurt d'asphyxie,
Et le plus grand amour n'y pénètre jamais.

Prenez donc tout de moi : le sens de mes poèmes,
Non ce qu'on lit, mais ce qui paraît au travers malgré moi :
Prenez, prenez, vous n'avez rien.
Et où que j'aille, dans l'univers entier,
Je rencontre toujours,
Hors de moi comme en moi,
L'irremplissable Vide,
L'inconquérable Rien.

Picasso
17/12/2007, 11h04
Il fait froid
L'hiver blanchit le dur chemin
Tes jours aux méchants sont en proie.
La bise mord ta douce main ;
La haine souffle sur ta joie.

La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée...
Ferme ta porte à l'aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

Et puis laisse ton coeur ouvert !
Le coeur, c'est la sainte fenêtre.
Le soleil de brume est couvert ;
Mais Dieu va rayonner peut-être !

Doute du bonheur, fruit mortel ;
Doute de l'homme plein d'envie ;
Doute du prêtre et de l'autel ;
Mais crois à l'amour, ô ma vie !

Crois à l'amour, toujours entier,
Toujours brillant sous tous les voiles !
A l'amour, tison du foyer !
A l'amour, rayon des étoiles !

Aime, et ne désespère pas.
Dans ton âme, où parfois je passe,
Où mes vers chuchotent tout bas,
Laisse chaque chose à sa place.

La fidélité sans ennui,
La paix des vertus élevées,
Et l'indulgence pour autrui,
Eponge des fautes lavées.

Dans ta pensée où tout est beau,
Que rien ne tombe ou ne recule.
Fais de ton amour ton flambeau.
On s'éclaire de ce qui brûle.

A ces démons d'inimitié
Oppose ta douceur sereine,
Et reverse leur en pitié
Tout ce qu'ils t'ont vomi de haine.

La haine, c'est l'hiver du coeur.
Plains-les ! mais garde ton courage.
Garde ton sourire vainqueur ;
Bel arc-en-ciel, sors de l'orage !

Garde ton amour éternel.
L'hiver, l'astre éteint-il sa flamme ?
Dieu ne retire rien du ciel ;
Ne retire rien de ton âme !

Victor Hugo .

StanleyWhite
17/12/2007, 12h54
en principe Hugo es H.S vu que le bouquin que je feuillette entre deux pannes d'électricités est consacré à la première moitié du XXe mais comme je connais très mal Hugo, la proposition de Pika est là bienvenue

Vladimir
17/12/2007, 14h13
Stan dans ton livre il n'a pas Gilbert Lely qui a fait un livre de référence consacre au Marquis de Sade : Vie dy marquis de Sade et des récueils très remarques de poésie tel Ma civilisation ou L'Epouse infidèle dont je te livre quelques extraits en alexandrins, âmes sensibles passez votre chemin...:D


...O Dieux ! sa bouche fellatrice
Etui de mon ravissement !
Langue traceuse d'une hélice...
Ah! je jouis astres déments !

De noble écume constellée
Ivre d'un rubis aussi gros,
Ta noire gerbe dévoilée
Tu te renverse sur le dos.

Un tournoi d'archanges s'annonce !
Je frémis, mon glaive se tend
Dans ta toison où je m'enfonce,
Le fracas muet du printemps...

...Lucifer exalte mon rêve !
Vase ultime de mes exploits,
Que cette croupe de soulève
et m'offre un chemin plus étroit !..."

La poésie comme exutoire, un autre chemin à parcourir...

Vlad "auto censuré" Imir...:blushing:

StanleyWhite
18/12/2007, 00h46
merci Vlad, voilà qui me donne du baume au coeur !

Picasso
18/12/2007, 00h53
en principe Hugo es H.S vu que le bouquin que je feuillette entre deux pannes d'électricités est consacré à la première moitié du XXe mais comme je connais très mal Hugo, la proposition de Pika est là bienvenue

Ouais ,j'avoue humblement avoir fait un tout petit , petit peu de HS !:whistling:
Mais bon , ce poème est aussi de circonstances en ce moment !:flowers:

StanleyWhite
18/12/2007, 00h55
Ouais ,j'avoue humblement avoir fait un tout petit , petit peu de HS !:whistling:
Mais bon , ce poème est aussi de circonstances en ce moment !:flowers:

c'est un bon HS ne t'inquiète pas !!!

Picasso
18/12/2007, 00h56
c'est un bon HS ne t'inquiète pas !!!

Merci ! :flowers:

lena
18/12/2007, 07h24
2005 hs
Le pétale ou l'épine,
Le soleil ou l'ombre,
Je ne sais que choisir,
J'ai peur de creuser ma tombe.

La rivière ou le lac,
En douceur, en trombe,
Cet insupportable trac,
Le vibreur ou la bombe

Si jamais je suis l'un de vous,
Je ne serai pas un atout

{Refrain:}
Non
Est le premier mot que j'ai su,
Quand j'ai vu que j'étais un garçon
Et que ma mère était déçue
Et que mes cheveux n'étaient pas blonds
Et quand je me suis aperçu
Que ce n'était pas ma vraie maison,
Je suis passé inaperçu,
Ecoutez l'histoire d'un garçon

Le combat ou la prose,
La caresse ou l'ambre,
Maman, voici quelques roses
Pour faner dans ta chambre

Le truand ou la brute,
La musique de chambre,
Cet insupportable truc
Né de lèvres ou la langue

Si jamais je suis l'un de vous,
Je ne serai pas un atout, du tout

{au Refrain}

Non
Est le premier mot que j'ai su,
Quand j'ai vu que j'étais un garçon
Et que ma mère était déçue
Et que mes cheveux n'étaient pas blonds,
Le monde entier m'a fait cocu
Mais il ne fait pas illusion,
Les vendus seront répandus,
Ecoutez l'histoire d'un garçon,
L'histoire d'un garçon,
L'histoire d'un garçon.


bon scuse me
Biolay ; histoire d'un garçon

lena
18/12/2007, 08h15
Aragon...quand même..
je chante pour passer le temps
Je chante pour passer le temps
Petit qu'il me reste de vivre
Comme on dessine sur le givre
Comme on se fait le coeur content
A lancer cailloux sur l'étang
Je chante pour passer le temps


J'ai vévu le jour des merveilles
Vous et moi souvenez-vous-en
Et j'ai franchi le mur des ans
Des miracles plein les oreilles
Notre univers n'est plus pareil
J'ai vécu le jour des merveilles


Allons que ces doigts se dénouent
Comme le front d'avec la gloire
Nos yeux furent premiers à voir
Les nuages plus bas que nous
Et l'alouette à nos genoux
Allons que ces doigts se dénouent


Nous avons fait des clairs de lune
Pour nos palais et nos statues
Qu'importe à présent qu'on nous tue
Les nuits tomberont une à une
La Chine s'est mise en Commune
Nous avons fait des clairs de lune


Et j'en dirais et j'en dirais
Tant fut cette vie aventure
Où l'homme a pris grandeur nature
Sa voix par-dessus les forêts
Les monts les mers et les secrets
Et j'en dirais et j'en dirais


Oui pour passer le temps je chante
Au violon s'use l'archet
La pierre au jeu des ricochets
Et que mon amour est touchante
Près de moi dans l'ombre penchante
Oui pour passer le temps je chante


Je passe le temps en chantant
Je chante pour passer le temps

LadyRonson
18/12/2007, 21h05
Tiens j'ai retrouvé un mot poème que j'avais écrit à un amour passé dans un tiroir...
Il a des fois où je me demande à quoi je carburais...:blink:

"Les fées clochettes n'existent pas, elles font pourtant tinter les petites extremitées avec le plus beau son, elles essayent souvent de s'envoler de leurs ailes translucides et légères, elles montrent leur plus beaux atours, leur nudité virginale de manière brute et ostentatoire.
Elles souhaitent s'envoler haut, très haut, apprendre l'art mystique de l'apesanteur, mais retombent le plus souvent en chiffe molle, en coton sur le sol dur en fêlure de leur rêves déchus. Fées de lutte- fées de pouvoir, pleine de douceur et de saveur pourtant, elles trouvent souvent mal leur place dans une destinée incontrôlée (...)

Soul-Duke
18/12/2007, 22h02
adjugé'vendu ! :happy:

LadyRonson
18/12/2007, 22h26
adjugé'vendu ! :happy:

Ah tu comprends pourquoi le gars m'a quitté?:blink:

Soul-Duke
18/12/2007, 23h07
pas exactement ... je n'en restais qu'aux syntagmes. Le reste et mes antennes tu sais ... :cool:

lena
02/01/2008, 17h40
Les Yeux d'Elsa (extrait)

Il y a des choses que je ne dis a Personne Alors
Elles ne font de mal à personne Mais
Le malheur c'est
Que moi
Le malheur le malheur c'est
Que moi ces choses je les sais

Il y a des choses qui me rongent La nuit
Par exemple des choses comme
Comment dire comment des choses comme des songes
Et le malheur c'est que ce ne sont pas du tout des songes

Il y a des choses qui me sont tout à fait
Mais tout à fait insupportables même si
Je n'en dis rien même si je n'en
Dis rien comprenez comprenez moi bien

Alors ça vous parfois ça vous étouffe
Regardez regardez moi bien
Regardez ma bouche
Qui s'ouvre et ferme et ne dit rien

Penser seulement d'autre chose
Songer à voix haute et de moi
Mots sortent de quoi je m'étonne
Qui ne font de mal à personne

Au lieu de quoi j'ai peur de moi
De cette chose en moi qui parle

Je sais bien qu'il ne le faut pas
Mais que voulez-vous que j'y fasse
Ma bouche s'ouvre et l'âme est là
Qui palpite oiseau sur ma lèvre

O tout ce que je ne dis pas
Ce que je ne dis à personne
Le malheur c'est que cela sonne
Et cogne obstinément en moi
Le malheur c'est que c'est en moi
Même si n'en sait rien personne
Non laissez moi non laissez moi
Parfois je me le dis parfois
Il vaut mieux parler que se taire

Et puis je sens se dessécher
Ces mots de moi dans ma salive
C'est là le malheur pas le mien
Le malheur qui nous est commun
Épouvantes des autres hommes
Et qui donc t'eut donné la main
Étant donné ce que nous sommes

Pour peu pour peu que tu l'aies dit
Cela qui ne peut prendre forme
Cela qui t'habite et prend forme
Tout au moins qui est sur le point
Qu'écrase ton poing
Et les gens Que voulez-vous dire
Tu te sens comme tu te sens
Bête en face des gens Qu'étais-je
Qu'étais-je à dire Ah oui peut-être
Qu'il fait beau qu'il va pleuvoir qu'il faut qu'on aille
Où donc Même cela c'est trop
Et je les garde dans les dents
Ces mots de peur qu'ils signifient

Ne me regardez pas dedans
Qu'il fait beau cela vous suffit
Je peux bien dire qu'il fait beau
Même s'il pleut sur mon visage
Croire au soleil quand tombe l'eau
Les mots dans moi meurent si fort
Qui si fortement me meurtrissent
Les mots que je ne forme pas
Est-ce leur mort en moi qui mord

Le malheur c'est savoir de quoi
Je ne parle pas à la fois
Et de quoi cependant je parle

C'est en nous qu'il nous faut nous taire



Louis Aragon
(1963)

lena
05/01/2008, 12h01
pour Vladimir :

Enivrez-vous

Il faut être toujours ivre. Tout est là: c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

Mais de quoi? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous.

Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, dans la solitude morne de votre chambre, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge, à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront: "Il est l'heure de s'enivrer! Pour n'être pas les esclaves martyrisés du Temps, enivrez-vous; enivrez-vous sans cesse! De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise."

Charles Baudelaire (1821- 1867)
(pour ne pas être les esclaves martyrisés du net:whistling:;):D)

LadyRonson
09/01/2008, 00h03
Souffrir de trop t'aimer.
Sentir ton souffle partir comme un parfum qui ennivre
Garder ton goût en bouche à n'en plus saliver
Tu souhaites du vent et moi de la pierre à construire
Je cours vers toi et tu t'envoles à la dérobée
Je te regarde toujours comme pour la dernière fois
De peur de ne pas fixer ton visage dans ma mémoire
Et quand tu n'es pas là je souffre jusqu'à la prochaine fois

StanleyWhite
09/02/2008, 00h07
Depuis lors, j'ai approfondi du côté de Aragon, le roman inachevé et chez Réverdy ,.

Je cherche toujours ....

Vladimir
10/02/2008, 12h53
Depuis lors, j'ai approfondi du côté de Aragon, le roman inachevé et chez Réverdy ,.

Je cherche toujours ....

Pourquoi pas du côté de poètes singuliers et "maudits" du surréalisme ou d'autres chapelles tels Duprey, Neveu ,ou Artaud "le suicidé de la societé"

"DEUXIÉME LETTRE DE MÉNAGE

J'ai besoin, à côté de moi, d'une femme simple et équilibrée, et dont l'âme inquiète et trouble ne fournirait pas sans cesse un aliment à mon désespoir. Ces derniers temps, je ne te voyais plus sans un sentiment de peur et de malaise. Je sais très bien que c'est ton amour qui te fabrique tes inquiétudes sur mon compte, mais c'est ton âme malade et anormale comme la mienne qui exaspère ces inquiétudes et te ruine le sang. Je ne veux plus vivre auprès de toi dans la crainte. J'ajouterai à cela que j'ai besoin d'une femme qui soit uniquement à moi et que je puisse trouver chez moi à toute heure. Je suis désespéré de solitude. Je ne peux plus rentrer le soir, dans une chambre, seul, et sans aucune des facilités de la vie à portée de ma main. Il me faut un intérieur, et il me le faut tout de suite, et une femme qui s'occupe sans cesse de moi qui suis incapable de m'occuper de rien, qui s'occupe de moi pour les plus petites choses. Une artiste comme toi a sa vie, et ne peut pas faire cela. Tout ce que je te dis est d'un égoïsme féroce, mais c'est ainsi. Il ne m'est même pas nécessaire que cette femme soit très jolie, je ne veux pas non plus qu'elle soit d'une intelligence excessive, ni surtout qu'elle réfléchisse trop. Il me suffit qu'elle soit attachée à moi. Je pense que tu sauras apprécier la grande franchise avec laquelle je te parle et que tu me donneras la preuve d'intelligence suivante : c'est de bien pénétrer que tout ce que je te dis n'a rien à voir avec la puissante tendresse, l'indéracinable sentiment d'amour que j'ai et que j'aurai inaliénablement pour toi, mais ce sentiment n'a rien à voir lui-même avec le courant ordinaire de la vie. Et elle est à vivre, la vie. Il y a trop de choses qui m'unissent à toi pour que je te demande de rompre, je te demande seulement de changer nos rapports, de nous faire chacun une vie différente, mais qui ne nous désunira pas. "
L'ombilic des Limbes, Le pèse nerfs",

thinwhitegirl57
06/03/2008, 20h06
Bon sang, Artaud, c'est tout bonnement un génie... quand j'ai lu Le Pèse-Nerfs et L'Ombilic des Limbes, je me suis dit: comment peut-on écrire aussi bien?
Un autre livre de poésie qui m'a marquée, c'est Les Villes Hallucinées de Verhaeren... il faudrait que je me l'achète, je l'avais emprunté au prof du club littéraire du lycée... En plus, il m'avait prêté en même temps un autre recueil, un truc hallucinant de stupidité...Je ne me rappelle plus du titre, c'était un jeu de mot sur le nom de Rimbaud, ou une autre chose du même genre. Le "poète" (hum!hum!) s'appelle Jean-Pierre Verheggen. Pour résumer, en gros, ce sont des pages entières d'une prose insatiable où le mot anus doit apparaître au moins dix fois par texte. Et ce type est édité à la nrf, en plus.:blink:
Baudelaire, j'adore Le Spleen de Paris. Je voulais écrire un recueil sur une ville et puis je suis tombée sur ça et j'ai été dégoûtée.:blushing:
Ah, et "Les Nuits Rhénanes" d'Apollinaire...
Je m'arrête là avant de submerger ce forum.:D

StanleyWhite
07/03/2008, 11h47
Pour résumer, en gros, ce sont des pages entières d'une prose insatiable où le mot anus doit apparaître au moins dix fois par texte. Et ce type est édité à la nrf, en plus.:blink:
D

à mes yeux c'est un gage de qualité :D Lis du Burroughs, je crois qu'il est dans le Guiness ce garçon là, rapport au nombre de fois où le "mot" est cité

StanleyWhite
07/03/2008, 11h49
Baudelaire, j'adore Le Spleen de Paris. Je voulais écrire un recueil sur une ville et puis je suis tombée sur ça et j'ai été dégoûtée.:blushing:


Depuis Morand et Venises, on a l'impression que tout est dit alors qu'en fait, tout reste à faire !

ulrich
08/03/2008, 08h24
les caligrammes d'Apollinaire
"Il pleut"
http://pagesperso-orange.fr/bouron/poesie/poeme2e.htm

thinwhitegirl57
08/03/2008, 23h05
Hum, j'ai lu Burroughs mais c'est tout à fait autre chose. Pour moi, Burroughs est un écrivain et Verheggen est un gamin.:whistling: Il y a chez Burroughs une sorte de beauté dépressive qui est totalement absente de chez l'autre obsédé scatologique (ça y est, trou de mémoire: y a-t-il un h après le t de scato??). Petit extrait de Verheggen:
"Avec moi ! En transes ! Truands, Truandes du pire truisme ! Cracheurs de congerie ! Idiots crus et Solécistes briscards ! Mages de la pseudosimulation ! Maladroits de génie ! Pauvres d'esprits experts ! Adeptes de la constriction latérale et Praticants du hoquet lyrique ! Pérégrinistes ! Changistes ! Echangistes ! Macaronistes et Normaliens sup. du saupoudrage sybarite ! Emites ! Dominicains du briefing ! Martyrs de l'étymon ! Archevêques de la crase ! Vierges du placet nien mis ! Oblats de l'enchâssement libre ! Zélateurs de la boursuflure et Disciples de la contrephase ! Petits curés du climax !"
Donc quand ça dure tout un recueil c'est un peu lourd. Et encore, pas d'histoire de postérieur dans cet extrait.
Ah oui, autre différence: quand Burroughs parle d'anus il évoque l'homosexualité, tandis que ce belge fou s'en tient aux besoins naturels de l'être humain. La classe, quoi.:laugh:

thinwhitegirl57
08/03/2008, 23h08
Depuis Morand et Venises, on a l'impression que tout est dit alors qu'en fait, tout reste à faire !

>Mais je n'ai pas arrêté d'écrire pour autant!:D

nightflight
08/03/2008, 23h10
Il y a chez Burroughs une sorte de beauté dépressive qui est totalement absente de chez l'autre obsédé scatologique (ça y est, trou de mémoire: y a-t-il un h après le t de scato??). Petit extrait de Verheggen:


Oh là, c'est pas très scatholique, tout ça...

thinwhitegirl57
08/03/2008, 23h11
héhéhé:blushing:
Mais je suis à cheval sur l'orthographe:rolleyes: