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Voir la version complète : Manuel Vazquez Montalban : Cronica sentimental de España


StanleyWhite
12/06/2008, 13h03
http://www.clubcultura.com/clubliteratura/clubescritores/vazquez_montalban/img/periodismo_cronica.jpg

Montalban n’est pas que l’auteur des romans de Pepe Carvalho, qu’on se le dise. Dans ce long essai de 1971, il analyse avec beaucoup d’ironie les chansons populaires entre 1939 et la fin des années soixante. A travers cette analyse, Montalban se propose de radiographier ni plus ni moins que les sentiments d’une Espagne qui lui est chère. Les années de l’après guerre (civile), les années de la faim, la propagande franquiste (et ses thèmes qui remontent aux Rois Catholiques), l’influence des Etats-Unis via le Plan Marshall, etc… Tout y passe et surtout, tout est là, dans les chansons que l’ont entend au music hall d’abord, à la radio ensuite puis finalement à la télévision. Il y a là tout ce qui fait de ce pays une entité profondément contradictoire, aussi superficielle que profondément astucieuse, « sol y sombra » en quelque sorte. Complément essentiel à mon avis à celui qui tente de comprendre la mentalité de l’Espagne d’aujourd’hui, au-delà de l’œuvre des cinéastes (Bardem, Buñuel, Saura), des écrivains et des peintres, il y a la culture populaire, ses chansons délétères, ses chansons immortelles.

chris
12/06/2008, 14h11
En parle t-on?

http://dominique.chiaretto.free.fr/Joselito.jpg

Plus sérieusement livre sans doute intéressant mais mon niveau d'espagnol ne me permet pas de lire dans le texte...

Vladimir
12/06/2008, 15h42
En parle t-on?

http://dominique.chiaretto.free.fr/Joselito.jpg

Plus sérieusement livre sans doute intéressant mais mon niveau d'espagnol ne me permet pas de lire dans le texte...

Joselito l’enfant prodige qui a connu une grande popularité à partir de 6 ans c'est-à-dire en 1953 ( il est né en 1947 comme un certain David Jones...), a captivé et ému des millions de personnes aussi bien dans les pays nordiques que dans les pays latins et surtout L’Espagne… Jacques Brel parle de lui dans sa chanson Jeff.
Ses films la plupart irregardables aujourd’hui, font parti de ce pan du cinéma espagnol en vogue, dans la période période franquiste qui édulcorait la réalité en faisant toujours étalage des bons sentiments et de bigoterie...Mais sa voix et son charisme faisait qu'on s'y attarde un peu pourvu qu'à un moment ou un autre de notre vie on l'ait entendu chanter où comme moi avoir 5 ou 6 ans au milieu des années 60 et être oblige de se farcir des matinées des dimanches en voyant ses films ...Longtemps tombé dans l'oubli il a amorcé un retour à 55 ans. ...
Il fait partie de la culture populaire Espagnole autant que les héros du cinéma fantastique espagnol des années 60 et 70 incarné par Paul Naschy et d'autres...
Je pense que Montalban doit parler de toutes ses idoles qu’un jour ont franchi les frontières telles Marisol, Rocio Durcal , Raphael , Joan Manuel Serrat, Sarita Montiel pour la musique ,qui représentent tantôt le côté futile de l’Espagne de l’époque que son côté plus noir et pessimiste. La culture espagnole a toujours sû résister à sa façon à toutes ces années noires de dictature. A travers le cinéma fantastique par exemple qui a servi de défouloir pour beauccoup d’auteurs et des artistes qui ont profité pour trangresser le genre et détourner la censure comme Saura , et son Peppermint Frappé, Bardem avec son excellent : El Verdugo avec un humour noir de bon aloi et Victor Erice et son Esprit de la Ruche.

Ce livre qui retrace une partie de ses années là, me donne envie de le lire car c’est aussi un pan de mon enfance et Montalban est un écrivain jouissif et gourmand...

StanleyWhite
12/06/2008, 22h14
Ce livre qui retrace une partie de ses années là, me donne envie de le lire car c’est aussi un pan de mon enfance et Montalban est un écrivain jouissif et gourmand...

Chris, oui ça parle de Joselito mais vite fait. Quant à ce que dit Vlad à propos des détours par rapport à la censure, ce n'est pas du tout le propos du livre de Montalban, c'est bien plutôt prendre le pouls d'une nation à travers les chansons sentimentales et on se rend bien compte que la toute petite histoire populaire suit voire anticipe parfois l'Histoire. Bref.