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Voir la version complète : Women - Charles Bukowski


EyeImagine
28/08/2008, 00h01
Je ne suis pas certain d'être suivi à 100 % mais avec les photos de ma trombine bouffie que je viens de voir en MP je ne peut plus reculer.

J'ai un petit penchant pour le héros de feu Bukowski, j'ai nommé Henry Chinaski.
Pas forcément le mec le plus recommandable mais à côté de cette vieille outre vérolée et imprévisible du défunt Charles, il fait figure de choriste.

En tout cas, ce bouquin a confirmé ma déchéance prochaine…
La brutalité n'étant pas mon fort mais la colère ou l'imprévisibilité étant trop souvent des compagnes s'agrippant à mes basques, je ne pouvais pas manquer ce rendez-vous.
Mais surtout une certaine forme de nihilisme ou plus simplement… foutez moi la paix !

Et maintenant que j'ai bien raconté ma vie, j'aimerais simplement recommander ce livre en particulier que j'ai trouvé terriblement humain mais dans le sens ou l'on peut difficilement trouver du romantisme au personnage…
Humain avec les multitudes de paradoxes et d'arrangements avec la vie.
Poilu, couillu, gamin et suffisamment menteur.


http://img530.imageshack.us/img530/2799/9780061177590sr5.jpghttp://img530.imageshack.us/img530/7137/bukowski030799634nd1.jpg

Vladimir
28/08/2008, 14h16
Bukowski a signé de romans forts à la fois drôles et acerbes, dans Women il a voulu décrire et raconter ses rencontres féminines. Avec son style fait de phrases coup de poing,et d' une écriture où la provocation se teinte en étrange nostalgie et le paradoxe tient lieu de religion. Women est un roman superbe avec de très beaux portraits de femmes , Henri Chinaski son alter ego ,est un personnage peu amable, buveur, macho et pourtant touchant et aimé par des femmes qui veulent l'accompagner dans sa fuite en avant...Parfois catalogué de vulgaire, je dirais plutôt que son personnage celui qu'il s'est crée qui se confond avec lui est grossier mais Bukowski était aussi un poète et profondement humain , toujours en équilibre entre farce et mélodrame, avec un lyrisme déroutant et halluciné

Un extrait de Women

"Je t'invite dehors pour le petit-déjeuner, j'ai dit.
- D'accord, a répondu Mercedes. Au fait, on a baisé, hier soir ?
- Nom de Dieu ! Tu ne te souviens pas ? On a bien dû baiser pendant cinquante minutes !
Je ne parvenais pas à y croire. Mercedes ne semblait pas convaincue.
On est allé au coin de la rue. J'ai commandé des oeufs au bacon avec du café et des toasts. Mercedes a commandé une crêpe au jambon et du café.
La serveuse a apporté la commande. J'ai attaqué mes oeufs. Mercedes a versé du sirop sur sa crêpe.
- Tu as raison, elle a dit, on a dû baiser. Je sens ton sperme dégouliner le long de ma jambe."

ou
"En beaucoup de domaines, j'étais un sentimental : des chaussures de femmes sous le lit; une épingle à cheveaux abandonnée sur la commode; leur façon de dire « je vais faire pipi "

A lire en écoutant la chanson éponyme de Lennon et avec un verre ...d'eau...;)

stepso
05/09/2008, 22h56
C'est clair qu'il faut passer un cap difficile chez l'ami Charles pour y percevoir de la tendresse, de la sensibilité et de l'amour pour les femmes.
Connais aucune nana qui apprécie Buko d'ailleurs.

Mais si es dans ce cas et que tu existes, momienne ou blonde, réponds moi, ça m'intéresse aussi.

Vladimir
06/09/2008, 12h50
LA FILLE DEHORS AU N°I DE STRAWBERRY PATCH
II est une heure et demie
lundi
30 degrés en novembre
sur Western Avenue.
Une fille apparaît sous un porche
et reste là à regarder.
Une femme plus âgée sort et s'appuie
au montant de la porte.
La fille a tout juste vingt ans.
Une minirobe rouge
boutonnée par devant. Des collants
et des chaussons orange.
On a l'impression qu'elle
vient à peine de se réveiller.
Un grand sourire éclaire son visage.
Elle esquisse un pas de danse en souriant.
Elle est pâle. Elle est blonde.
Tout à coup elle fait signe à quelqu'un qui passe
en voiture.
La vie est intéressante.
Elle est jeune.
C'est une fille.
Elle danse encore une fois. Elle fait signe. Elle
sourit.
Tout ça est bien agréable à une heure et demie
l'après-midi quand il fait 30 degrés.
Elle veut de l'argent.
Elle fait signe. Elle danse.
Elle sourit.
La vieille femme s'ennuie et retourne
à l'intérieur.
Je démarre ma voiture dans le parking de l'autre côté de la
rue.
Je pars vers l'ouest, vers Oakwood et je perds la fille
de vue.
Je pense, c'est tellement bizarre,
on a tous besoin d'argent.
Puis j’allume la radio et j'essaie
d'oublier ça.

Charles Bukowski

Je connais des femmes qui aiment Bukowski non pas des femmes une femme la mienne :whistling:...Mais bon, ce n'est pas tout l'intellect ni la personnalité il y a aussi le physique et là, il valait le coup le vieux dégueulasse ...:D

http://www.binarycoffee.com/blog/wp-content/uploads/Image/Buko/bukowski051.1.jpg

Vladimir
06/09/2008, 20h04
Bob Dylan

ces deux jeunes
dans l'impasse en face de chez moi
ils passent Bob Dylan
jour et nuit
sur leur stéréo

ils montent le son de leur stéréo
au maximum
et c'est une très bonne
stéréo

tout le voisinage
entend Bob Dylan
gratuitement

et c’est moi qui l’entends le plus
gratuitement de tous
parce que j'habite dans l’impasse
juste en face de chez eux

j'entends Dylan quand je chie
j'entends Dylan quand je baise
et même quand j’essaie de m’endormir

quelquefois je les vois
dehors sur le trottoir
très jeunes bien soignés
quand ils sortent pour aller s’acheter
de la bouffe
et du papier hygiénique

ils forment un des couples
les plus charmants
du voisinage.

Charels Bukowski

Je me demande si BOb Dylan préferait ce poème ou la chanson que Bowie a écrite pour lui , Song For Bob Dylan ...Pas du tout le même univers en tout les cas...:D

Et un dernier ...

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I'm too tough for him,
I say, stay in there, I'm not going
to let anybody see
you.

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I pour whiskey on him and inhale
cigarette smoke
and the whores and the bartenders
and the grocery clerks
never know that
he's
in there.

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I'm too tough for him,
I say,
stay down, do you want to mess
me up?
you want to screw up the
works?
you want to blow my book sales in
Europe?

there's a bluebird in my heart that
wants to get out
but I'm too clever, I only let him out
at night sometimes
when everybody's asleep.
I say, I know that you're there,
so don't be
sad.

then I put him back,
but he's singing a little
in there, I haven't quite let him
die
and we sleep together like
that
with our
secret pact
and it's nice enough to
make a man
weep, but I don't
weep, do
you?

C. Bukowski

EyeImagine
06/09/2008, 21h06
Tu n'imagines pas le plaisir que tu me fais… à écrire ces lignes.
Je n'arrives pas à m'expliquer comment une telle canaille trouve grâce à mes yeux et ce qui est sur c'est que je ne suis pas loin de devenir fan.

Si on écarte bien des clichés sur le bonhomme il y a une simplicité toute nue et tout à fait évidente, sans tralalas.
Un fin observateur ce Charlie et qui laisse de l'espoir aux types vérolés, ventrus et grandes gueules.

Dans la foulée j'ai revu le film de Ferreri avec l'immense Ben Gazzara.
" Contes de la folie ordinaire " et qui n'est pas loin de l'histoire de Women.

Il existe un documentaire appelé " Crazy Love " ou notre bonhomme… boit, poétise à souhait et quand au reste…