Et le temps s’écoulait ainsi insaisissable.La brise succédait à la pluie et la caresse des herbes au souvenir de l’amant disparu...Maintenant la moie de mon cœur pétrifié frémit quand j’évoque ces mots qui soufflèrent la fraîcheur en ces années près du caroubier .Mais j’ignore encore ,où sont allées les illusions de ma mère délaissée là, auprès du tamarin , s’écriant d’un amour inépuisable : "Garde toi de mourir dans un champ près de hyènes et de vautours ».
A la mort des amis se succèdent les ineffables réminiscences et tout revient comme avant :
L’attente interminable tel nos discours à l’abri des vents .
La joie partagée des vers de Baudelaire et Rimbaud,et la moue de l’enfant derrière le soupirail
Mon histoire je l’ai voulue un dédale sans Minotaure,Mais, ce n‘est qu’une suite de fougues
brisées et dérobées au temps impitoyable , pour oublier la misère et ma frustration d' homme...
Et derrière le cimetière la montagne sentinelle au fond de la vallée me ramène de nouveau à la vie sans plaisir ni philosophie. Je suis un être susceptible blessé par les paroles des amis disparus. Vaincu sans défaites. Dans mon exil volontaire , étranger à la liberté, je défie la tyrannie du hasard. Convoité par d’autres terres ,je parcours les routes de l‘Europe en quête de l’îlot aux sentiers souterrains, d’un paysage marin, où je pourrais retrouver le printemps de
l’adolescence .Croire de nouveau que la passion est éternelle ,que l’amour est un poème beau et dérisoire...